Je suis partie tôt à la retraite pour pouvoir avoir du temps, de l’énergie pour servir Dieu.

Photo de Annie Spratt sur Unsplash
La première année, je suis allée travailler dans une petite école de pasteurs, pour enseigner le français, et même apprendre à lire en français à certains futurs pasteurs. Je suis aussi intervenue à l’école française comme artiste, et, comme j’avais déjà une pension, pas très grande, mais dont je pouvais apprendre à m’en contenter, il m’est apparu que je pouvais donner 1/4 de ce que je gagnais en plus pour aider autour de moi, en rendant grâce à Dieu. L’année suivante, ayant déménagé, j’ai eu l’opportunité de faire quelques remplacements en tant qu’enseignante à l’école française (où j’avais fini ma carrière). Et je me suis vite retrouvée, certes à aider financièrement autour de moi, mais un peu réduite à cela…
Je suis allée voir des organismes chrétiens, j’ai proposé d’aider (autrement qu’avec uniquement mon argent), de mettre mes compétences à leur service. J’étais une bonne enseignante, j’étais curieuse et je pouvais encore apprendre, je savais diriger une équipe, j’avais été directrice d’école pendant plus de 10 ans, en France, je savais monter un projet, j’avais fait la comptabilité d’une école de 6 classes, puis d’une école de 13 classes (la coopérative scolaire), j’avais eu, dans ma jeunesse, une formation en secrétariat pour PME et PMI, et, lorsque j’étais directrice d’école, je n’avais pas de secrétaire. Je me débrouillais toute seule. J’avais fait une première année dans un institut biblique (le COVID m’avait fait quitté la 2ème année, sans énergie pour reprendre ensuite) , et j’avais reçu, au début de ma vie chrétienne, une excellente formation théologique.
Bref, il me semblait que j’avais des compétences à mettre au service de Dieu, et pas juste de l’argent (même si ce n’est pas négligeable). Les organismes disaient oui oui, on est intéressé, mais ensuite, rien. Je crois qu’ils ne savaient pas trop quoi me proposer, je ne correspondais pas aux profils habituels. Nous avions certes Dieu en commun, mais pas la même culture, pas les mêmes codes… Ca me frustrait beaucoup. Je savais que « la moisson est grande, mais il y a peu d’ouvriers » (Mt9.37, Lc10.2), et moi, j’étais là, à trépigner, voulant servir, ayant l’impression de n’être prise que comme un porte-monnaie ambulant…

