Oui, oui, oui, on est bien d’accord, le wax N’EST PAS un pagne traditionnel africain.
Mais dans la rue, en tous cas ici, au Bénin, si on exclut les vêtements type « occidentaux », c’est majoritairement ce qu’on voit. Ca met des couleurs dans la rue. Le dimanche, on peut « faire uniforme » (on porte tous le même pagne pour un évènement donné, un mariage, un enterrement, un anniversaire, le dimanche des femmes de telle dénomination, la fête traditionnelle d’une petite ville, d’une vallée, d’un lieu-dit, la fête des mères, … toutes les occasions sont bonnes pour porter un pagne, en réalité, un wax (ou imitation).

Un peu d’histoire
Wax signifie « cire » en anglais. Au départ, c’était un batik indonésien. Une technique utilisée à Java depuis le XIème siècle. (Technique inscrite au patrimoine immatériel de l’humanité par l’UNESCO, en 2009)
Il s’agit de faire des réserves à la cire avant de teindre le tissu. Nous en reparlerons, car ce procédé est aussi utilisé dans les tissus traditionnels en Afrique.
Les Anglais et les Néerlandais, qui étaient installés en Indonésie [sic !], découvrirent cette technique et décidèrent de l’industrialiser. En 1850, une société néerlandaise réussit à créer du batik d’une manière industrielle. Donc beaucoup plus rapidement.
Hélas pour eux, ça n’eut pas le succès escompté en Indonésie, car le rendu industriel ne plaisait pas du tout aux Indonésiens.
Des soldats ghanéens seraient rentrés d’Indonésie en amenant dans leurs bagages ces batiks industriels européens. L’engouement suscité encouragea une première livraison importante de wax hollandais, au Ghana, en 1893. La Suisse et l’Angleterre participaient également à la production puis à l’acheminement de wax industriels vers l’Afrique.
Un peu avant les Indépendances, le wax hollandais arriva plus massivement et rentra dans les habitudes de consommation locale. Au moment des Indépendances ( en 1960 pour beaucoup), des usines commencèrent à s’implanter en Afrique. Ceci permit de créer des tissus bien moins chers.
Les Nana Benz
A partir de 1950 déjà, le commerce du wax se développa beaucoup, au départ au Togo, puis au Bénin, grâce aux femmes vendeuses qu’on appelait les Nana. Elles s’enrichirent tellement, qu’on les surnomma finalement les Nana Benz, car elles étaient les premières importatrices de grosses voitures de luxe à l’époque, les Mercedes Benz. Ces Nana Benz ont inventé des noms aux différents motifs sur les pagnes.

De nos jours, les contrefaçons n’utilisent plus du tout le procédé créé par les Hollandais, avec de la cire. C’est souvent de la sérigraphie, qui reprend des motifs traditionnels ou en crée de nouveaux. Ces imitations, appelée « fancy » sont plus abordables financièrement, et toutes les couches de la société peuvent être touchées. Les tissus et les impressions n’ont pas la même qualité, par contre. On peut trouver le « même » coupon à 3 500 CFA le 3 pagnes (6 yards, 6 x 91,44 cm), qu’on nomme aussi 1/2 pagne, le complet étant à 12 yards (6 pagnes), à 5 000 CFA, à 6 500 CFA, à 8 000 CFA dans la rue. Mais la qualité du tissu n’est pas du tout la même, et les surimpressions ne tiennent pas de façon identique… Dans les grandes boutiques de marque, le 3 pagnes est à 18 000 CFA pour certaines marques, à 36 000 CFA, voire 80 000 CFA, pour d’autres (et je suis certaine que ça peut être plus cher encore, mais je n’ai pas eu le plaisir d’en voir).
Bon, je m’arrête là pour aujourd’hui. Les prochains articles sur le sujet porteront sur les noms, tout à fait délicieux, de différents motifs.

Une réponse à “Le Wax : controversé, mais très porté.”
[…] la suite pour les noms des motifs. Les généralités sur le wax sont là, puis noms (1) et noms […]
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